ACADEMIE NATIONALE AU BURKINA FASO du 14 au 16 DECEMBRE 2016

BLOC NOTE ACADEMIE NATIONALE COUV  1-01

La transition vers une économie verte respectueuse des équilibres écologiques et susceptible d’ouvrir de nouvelles opportunités de création de richesses et d’emplois durables, s’inscrit désormais comme un objectif majeur des nouvelles approches stratégiques du développement durable au Burkina Faso.
Les contraintes environnementales (stress hydrique, dégradation des sols, très forte dépendance énergétique, vulnérabilité au changement climatique, pollutions diverses) et les retombées limitées de la croissance économique et des politiques de développement social en termes d’emplois et de réduction des disparités sociales et spatiales imposent une réorientation du modèle économique au profit d’une économie verte et inclusive, portée par le secteur privé et à même de créer des emplois verts décents, d’aider à réduire la pauvreté et résorber les déséquilibres au niveau du développement territorial.

 

Tels sont les principaux enjeux pour le Burkina Faso qui a définitivement fait de l’économie verte un axe stratégique de sa politique de développement durable. Le pays s’attache à mobiliser l’ensemble des acteurs et à construire des partenariats publics-privés (PPP) innovants afin d’accroître les investissements respectueux de l’environnement et susceptibles de créer de la valeur ajoutée et des emplois durables, particulièrement pour les jeunes dont le taux de chômage reste important. Des efforts ont permis de mettre en place un Fonds d’investissement vert pour encourager les entreprises à lancer des projets innovants.
Des réformes (institutionnelles, règlementaires et financières) et des politiques incitatives sont déjà mises en œuvre pour améliorer l’intégration de la dimension environnementale et promouvoir le développement de filières stratégiques telles que les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’économie de l’eau, la gestion durable des déchets solides et liquides, l’agriculture inclusive, l’aquaculture ou encore l’écotourisme. Des efforts complémentaires sont attendus dans les domaines suivants : adaptation et application de la règlementation, fiscalité environnementale, tarification des biens et services environnementaux, mécanismes de financement durables et adaptés, mobilisation des connaissances et de l’innovation et enfin le suivi-évaluation.
Face à cette situation, le gouvernement a manifesté sa ferme volonté de faire la promotion de l’économie verte en mettant en œuvre les recommandations issues des sommets et conférences internationales. Ainsi, dès 1976, il a été créé un ministère chargé de l’environnement qui, après plusieurs mutations, est devenu en janvier 2016 ; le Ministère de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique. Le Conseil National pour la Gestion de l’Environnement (CONAGESE) créé en 1991 est devenu le Conseil National pour l’Environnement et le Développement Durable (CONEDD) en 2002 puis en 2016, il a mué en le Conseil National pour le Développement Durable. Il a été également érigé en 2016, une Direction Générale de l’Economie Verte et du Changement Climatique au sein du Ministère en charge de l’environnement.
Cette évolution institutionnelle est un tremplin pour une meilleure contribution à l’opérationnalisation des résultats pour consolider la mise en place du processus de l’économie verte qui est un outil de promotion du développement durable à travers :
•    Au niveau international, les Objectifs du Développement Durable (ODD), les différents accords, protocoles et conventions internationaux en matière d’environnement et de  développement durable que le Burkina Faso a ratifiés ;
•    Au niveau sous-régional, la politique agricole commune de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture en Afrique (PDDAA) du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) et la politique commune d’amélioration de l’environnement dans l’espace UEMOA ;
•    Au niveau national, l’Etude nationale prospective « Burkina 2025 », le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES, 2016- 2020) au niveau de  ses axes 2 et 3, la politique nationale de développement durable (PNDD) et la Politique Sectorielle de l’Environnement et de Développement Durable (PSEDD).
Pour mettre la durabilité au cœur des politiques et des pratiques économiques, le Burkina Faso a rejoint le Partenariat pour l’action en faveur d’une économie verte (PAGE) en juin 2014. PAGE combine l’expérience conjuguée des cinq agences des Nations Unies – PNUE, OIT, ONUDI, UNITAR, PNUD – afin de soutenir les pays partenaires dans une transition vers des économies écologiquement durables et socialement inclusives. L’initiative construit sur le travail déjà entrepris dans le cadre de l'Initiative Pauvreté-Environnement du PNUD-PNUE et le programme SWITCH Africa Green, qui abordent toutes les dimensions complémentaires de stimulation des investissements verts et les réformes politiques pour assurer une croissance durable, la création d'emplois verts décents et l'éradication de la pauvreté.

Pour plus de detaille voir le lien suivant: www.demo.gov.bf/anev

I.    OBJECTIFS ET CONTENU
L’académie nationale aura pour principal objectif de créer un forum de discussion et d’échanges autour du concept d’économie verte.
Plus spécifiquement, il s’agira de : (i) susciter des débats entre les principaux acteurs du changement au Burkina Faso ; (ii) fournir des sessions de formation introductives, plus techniques sur l’économie verte et les secteurs de l’économie spécifiques.
L’Académie nationale comportera deux composantes principales :
•    Composante 1 : « Initiation au dialogue sur l’économie verte ». Cette partie constituera une occasion pour les acteurs clés du Burkina Faso de trouver l’inspiration et de susciter une réflexion quant au rôle, aux objectifs et à la mise en œuvre de l’économie verte dans le contexte national.
•    Composante 2 :« Renforcement des capacités des acteurs clés du changement au Burkina Faso ». Une formation introductive sur le concept et la définition de l’économie verte sera proposée aux participants ainsi qu’une ou plusieurs sessions plus spécifiques sur une thématique choisie ou un secteur de l’économie privilégié.
En participant à la plateforme, les participants nationaux amélioreront leurs capacités d’analyse des possibilités et des défis pour la promotion d’une économie verte propice à l’intégration sociale. Ils pourront acquérir également une connaissance de base des approches adéquates, d’outils éprouvés et de pratiques d’excellence aux niveaux national et sectoriel, ce qui contribuera au renforcement des capacités institutionnelles à long terme. Les sujets abordés pourront être les suivants :
•    Concepts de l’économie verte, définitions et mise en œuvre ;
•    Les politiques macroéconomiques et les mesures en faveur d’une économie verte au Burkina Faso ;
•    La REDD+ et l’économie verte ;
•    Emplois verts et travail décent ;
•    Principes directeurs pour une transition juste vers des économies et des sociétés écologiquement durables pour tous ;
•    Analyse des besoins en compétences et programmes de développement ;
•    Stratégies pour le verdissement des secteurs économiques, des industries et des entreprises ;
•    Intégration sociale et égalité des genres ;
•    Economie verte et changement climatique.
L’Académie nationale sera également l’occasion d’identifier les opportunités de synergies avec les initiatives et programmes existants dans les pays actifs dans le domaine du développent durable, en particulier :
•    L’initiative Pauvreté-Environnement qui vise à accompagner les pays en développement dans leur lutte contre la pauvreté et pour le développement durable à travers une meilleure gestion de l’environnement et des ressources naturelles ;
•    SWITCH Africa-Green qui vise à promouvoir les politiques de consommation et production durables dans les cadres réglementaires des pays ;
•    UN CC:Learn qui vise à encourager les pays à concevoir et à mettre en œuvre un apprentissage durable afin de faire face aux changements climatiques.